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Création de podcasts littéraires

Sur la thématique de « La Marche », les étudiant.e.s inscrit.e.s au 2e semestre de l’année 2019-2020 à l’atelier « Création de podcasts littéraires » se sont lancé.e.s dans la réalisation de podcasts, accompagné.e.s de deux intervenant.e.s : Cécile Palusinski, auteure et présidente de l’association la Plume de Paon et Olivier Gangloff, musicien et ingénieur du son. Au cours d’un cycle d’échanges et de réflexions sur cette thématique se dissimulant dans des petits moments du quotidien, les étudiant.e.s ont découvert et suivi leur propre démarche créative, tout en s’inspirant les un.e.s les autres. Mettez vos casques et allez découvrir leur travail final !

Une vie

Anaîs LAMBERT

La jeune fille et l’élan

Roxane Klein

Des pas, des roues et des routes

Leman YILDIRIM

Eden

Agathe GRIMAUD

À reculons

Greco JULIANA

Marche ou baise

Celia LAIGNEL

La Marche

Rihab Ismael ADAM

La Marche

Papa Moussa FALL

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Stone talk

Création Sonore – Abla Alaoui

STONE TALK

un court métrage expérimental

SUAC

UNIVERSITÉ DE STRASBOURG 

Écrit par 

(writers’ room) 

Steffy Roche , Vincent  Ullrich , Anaïs Sutter , Romain Zigler, Abla Alaoui , Jeane Zimmermann , Eva Sara Lentz , Léa Homolac , Luay Shomi , Yugo Aoki , Valentin Meo , Obayda Alabrahim , Gaïane Roquelaire , Keam Tallaa , Samar Naser , & David Liver (professeur responsable du cours).

Synopsis

L’existence des pierres est insondable. Matière et bactéries s’animent et donnent vie à un enchaînement de micro-événements spectaculaires qui échappent à notre perception. Lorsque la météorite conservée par le musée de minéralogie revis le traumatisme de sa chute sur terre le musée devient le reflet de cet obscure déséquilibre énergétique rééquilibré peut être par la prochaine secousse de la vie.

STONE TALK

  1. INT. MUSÉE DE MINÉRALOGIE – JOUR

La main du conservateur dépose délicatement la nouvelle pièce de NICKEL dans la vieille vitrine d’exposition. La vitre se referme sur les minéraux et la lumière blanche des néons se reflète sur surface du meuble vitré. 

COUVERT PAR LE SON DE LA PLUIE, LE GRÉSILLEMENT DES LUMIÈRES, UNE VIBRATION SONORE QUASI IMPERCEPTIBLE, EMPLIT L’ESPACE. ON ENTEND DES PAS S’ÉLOIGNER TRANQUILLEMENT.

La pièce de nickel a une forme indéfinissable, sa surface est pleine d’aspérités aux accents verts. C’est un vert clair et intense qui contraste parfaitement avec le reste de sa matière qui est rose. 

La Lumière s’éteint. La salle d’exposition est maintenant illuminée par la lumière naturelle provenant des grandes fenêtre et par les quelques voyants verts et rouges du système de surveillance au quatre coins de la pièce.

LORSQUE LE GRÉSILLEMENT DES NÉONS S’ARRÊTE UN AUTRE SON, SOURD ET ONDULANT, DEVIENT PLUS PERCEPTIBLE ET SEMBLE ÉMANER DE LA VITRINE. CE NOUVEAU SON DEVIENT PLUS FORT.

Les couleurs du nickel s’intensifient 

CUT

2. TITRE 

STONE TALK

3. INT. MUSÉE DE MINÉRALOGIE – NUIT 

Nous découvrons la salle d’exposition plongé dans la pénombre lunaire.

UN COUP DE TONNERRE RETENTIT ET ROMPT DANS L’ÉTRANGE ÉMANATION SONORE QUI A ENVAHI LE LIEU.

Nous avançons doucement en ligne droite dans les exiguës couloirs créés par les vieux meubles d’exposition. Nous longeons cette séquence de tiroirs et vitrines sans nous arrêter, sans altérer notre vitesse. À notre passage les minéraux défilent rangés sous les vitres. Malgré la pénombre nous pouvons encore en distinguer certaines couleurs, certaines textures plus extraverties, les volumes et les transparences.

UNE PLUIE RÉGULIÈRE TAPE SUR LES FENÊTRES MAIS LE BRUIT PARAÎT TELLEMENT RALENTI QUE NOUS POUVONS EN DISTINGUER CHAQUE GOUTTE .

En avançant en ligne droite dans l’une des rangées, un meuble surplombé d’un cube en verre apparaît devant nous au bout de la rangée.  Nous avançons tout en remontant à hauteur de cette vitrine qui est un peu plus haute. 

UN COUP DE TONNERRE RETENTIT MAIS IL EST COMME ABSORBÉ PAR CETTE MATIÈRE NOIRE ET PUIS PAR LE SILENCE.

(L’éclair qui suit le coup de tonnerre, permet de voir une image fugace de la salle dans le passé : les meubles sont les mêmes, il n’y plus de néons, plus de voyants colorés, plus de caméras, des lustres pendent au plafond…)

Au sol,à à peine plus d’un pas de la vitrine, on distingue une ombre très noire. L’intensité de cette zone d’obscurité la détache visuellement du plancher et du reste des ombres. 

Au ralenti, un autre éclair nous permet d’apercevoir en un flash une image du passé où une grande pierre fumante apparaît à l’emplacement de l’ombre. L’image ne dure que le temps de l’éclair.

Nous avançons vers le meuble sans altérer notre vitesse. La lumière venant de l’extérieur nous permet de voir très clairement cette partie de la salle et le meuble qui contient une grande pierre plate, presque noire et lisse. (Le traveling continue) Nous approchons sans s’arrêter, en dépassant la vitre nous plongeons dans le minéral. 

Nous pénétrons toujours plus dans cette masse sombre qui s’allume d’une poussière bleue en dévoilant une nouvelle profondeur microscopique et un nouvel espace sans dimensions

4. ESPACE. 

LA SCÈNE EST SANS SON.

La météorite s’éloigne de nous à grande vitesse, nous laissant flotter dans l’espace derrière elle. Nous suivons sa traînée bleutée. Sa trajectoire provoque une forte vibration qui se répercute sur nous et par effet d’onde sur les autres astéroïdes. L’un d’entre eux passe dans le champ.

Lorsque la météorite s’enflamme nous traversons l’atmosphère.

LE SON REVIENT.

La grande masse minérale explose en plusieurs parties qui se dispersent dans le ciel. 

Pris dans cette chute nous traversons des épais nuages noirs.

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5. INTÉRIEUR MUSÉE – STRASBOURG – NUIT

1880. La même salle carrée, quadrillée par les mêmes meubles et vitrines. La pièce est plus épurée, visiblement moins chargée que dans la scène d’ouverture. Les néons ont disparus du plafond ainsi que tous les éléments électriques tel que la caméra de surveillance. La pièce est plongée dans la pénombre lunaire.

GRANDE EXPLOSION DE VITRES ET DE MATIÈRE 

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2020. L’ombre de la météorite correspond à son ancien positionnement au sol, exactement là où elle a atterri en 1880. Cette ombre reste étrangement fixe, elle ne se déplace jamais et ne varie pas. Elle semble indépendante de la lumière. 

Plan fixe sur la météorite dans sa vitrine. 

(En timelapse, le jour revient en un flash et repart aussitôt. Les néons s’allument et s’éteignent, la pluie continue au ralenti, et la nuit revient. Le tout se répète…)

En s’approchant de la pierre les empreintes visuelles  laissées par notre changement de point de vue se superposent et créent un halo noir qui se répand et enveloppe la météorite. 

Cet halo est fait de la même matière que l’ombre qui est au sol, une fine poussière noire qui  maintenant forme une membrane autour de la pierre.

NOUS NOUS RENDONS COMPTE DE LA PERSISTANCE DU MÊME SON, SOURD ET ONDULANT, QUI S’ÉTAIT FAIT PERCEPTIBLE LORSQUE LE NICKEL A ÉTÉ PLACÉ DANS LA VITRINE.

La pluie qui est censée couler sur les fenêtres apparaît comme figée sur la surface des vitres. 

Le halo noir et poussiéreux se répand dans l’espace entre la pierre et son étrange ombre comme une accumulation de traces flottantes qui donne l’impression de pulser avec la pulsation sonore qui émanent des vitrines. 

Petit à petit la salle devient plus sombre. Des visiteurs parcourent les rangées de meubles comme si rien ne se passait autour d’eux.

UN COUP DE TONNERRE RETENTIT MAIS IL EST COMME ABSORBÉ PAR CETTE MATIÈRE NOIRE ET PUIS PAR LE SILENCE DE LA SALLE. SEUL L’ÉTRANGE VIBRATION SONORE RÉSISTE ET AUGMENTE EN INTENSITÉ JUSQU’À DEVENIR TRÈS FORTE.

La lumière est absorbée par cette tâche noire qui se répand. Les vitrines commencent à exploser l’une après l’autre. 

UN NOUVEAU SON APPARAÎT. C’EST COMME UN CLIQUETIS QUASI IMPERCEPTIBLE.

De derrière la vitrine illuminée par la lumière venant de l’extérieur au travers la fenêtre, nous voyons une mygale apparaître et sortir de la météorite. Elle est noire et pas plus grande qu’une grosse noix. Elle semble faite de la même matière que la pierre exposée et qu’elle fissure en se libérant de son emprise minérale. La météorite et l’araignée partagent des reflets chatoyants qui se répandent sur la vitre de la vitrine qui réfracte la lumière. 

En sortant de la météorite la mygale souffle la poussière noire qui l’enveloppait et qui disparaît en de petits nuages, comme en s’effaçant. 

En avançant plus près nous traversons la matière qui compose le verre dont la structure cristalline se révèle un instant à notre passage ainsi que les bactéries qui s’y trouvent. La mygale bouge à peine, elle se trouve tout près de la météorite et elle ne semble qu’une seule et unique chose.

UNE FOIS À L’INTÉRIEUR DE LA VITRINE LE CLIQUETIS SE FAIT PLUS NET, EN PREMIER PLAN SONORE. SON SON S’AVÈRE ÊTRE LA VOIX DE LA MÉTÉORITE.

MÉTÉORITE 

(sous titres)

Posez-moi une question, toute sorte de question. 

Par exemple, quel âge a l’univers? 

Une seconde et demie.

Et il va nous falloir encore un quadrillion d’années

avant d’allumer sa deuxième bougie. 

La mygale se déplace à peine mais sa petite masse est moins figée que celle de la météorite.

LE CLIQUETIS CONTINUE, SON RYTHME EST VARIABLE, COMME VIVANT.

MÉTÉORITE (suite)

(sous titres)

Les questions ont aussi peu de sens

que leurs réponses. Voilà tout.

Dans la salle d’exposition le halo noir et poussiéreux à envahi l’espace. À côté de la grande météorite, le corps de la mygale semble doucement s’ouvrir. Autour de la pierre le halo noir a aussi continué à se développer. 

AU LOIN NOUS CONTINUONS D’ENTENDRE L’ÉTRANGE VIBRATION SONORE QUI PERSISTE DEPUIS LE DÉBUT.  

MÉTÉORITE (suite)

(sous titres)

Vous voulez connaître mon histoire?

Le lieu était noir,

quand j’ai frappé ma tête au visage du passé.

Les choses s’unissent dans l’obscurité. 

Et l’aube revient toujours, pour tout séparer. 

Vous voulez connaître mon histoire

parce que assister à un périple

est la seule façon que vous avez

d’accepter l’existence de la vie.

Et de l’écoulement du temps.

Le périple.

Le périple vous amène ici pour remarquer

ensemble

que l’existence n’est rien de plus qu’une notion de temps. 

La vitre de la vitrine d’exposition explose aussi comme les autres. Une pluie de verre tombe sur la météorite et la mygale.

L’AMBIANCE SONORE DE LA SALLE DEVIENT PLUS PRÉSENTE. LA VOIX DE LA MÉTÉORITE CONTINUE SON MONOLOGUE COMME SI RIEN NE S’ÉTAIT PRODUIT.

MÉTÉORITE (suite)

(sous titres)

Mais aussi inéluctable soit-elle,

les dégâts, eux, sont partiels.

Qui est-elle pour déranger notre calme ? 

La mygale a disparu laissant derrière elle une forme minérale, sombre, presque noire et translucide.

MÉTÉORITE (suite)

(sous titres)

Voici donc l’avènement du monde

où l’état des choses n’est pas déterminé,

à la méthode du chat de Schrödinger. 

Où se place le vivant et le mort quand tout semble figé ? 

Nous reculons doucement pour sortir du meuble et très doucement nous éloigner de la météorite exposée. Nous survolons la vitrine brisée. La pierre et la petite masse laissée par la mygale sont immobile l’une à côté de l’autre.

En reculant nous retrouvons l’ombre au sol. Doucement nous nous rapprochons d’elle.

LE CLIQUETIS REPREND. LA VIBRATION SONORE S’EST DÉJÀ ESTOMPÉE LAISSANT LA PLACE À UN TOUT NOUVEAU SON, TRÈS DIFFÉRENT.

Sans arrêter notre mouvement, nous approchons encore de l’ombre qui a retrouvé sa taille initiale. La météorite demeure maintenant en arrière plan, loin au fond de la rangée de meubles.

Nous pénétrons l’ombre au sol. Un nuage noir et épais qui s’allume de particules et poussière bleue en dévoilant une nouvelle profondeur microscopique et un nouvel espace sans dimensions. L’espace.

MÉTÉORITE (suite)

(sous titres)

Soyez-en sûrs, dans la matière de l’existant,

le cadavre du temps

n’apparaîtra donc peut-être jamais,

si les choses s’unissent les mues continuent. 

CUT

Fin


Note de présentation

( Anaïs Sutter et Vincent Ulrich)

Nous nous retrouvons dans une histoire qui combine la fantaisie ainsi que la connaissance. À travers l’esprit de 13 personnes ayant des parcours différents mais aussi des vies et des visions qui les opposent, nous suivons l’histoire d’une météorite. Une histoire qui s’est vue naître par la simple visite dans un musée de minéralogie, une visite qui s’est créé lors d’un cours se portant sur l’écriture de films, deux monde opposés qui se sont donc rassemblés dans un but commun, inventer une histoire avec un groupe d’élève sans aucune expérience dans le monde du cinéma aux origines et aux motivations différentes, ayant chacun un avenir différent. 

À travers de nombreuses heures de réflexion et de recherche collectives l’histoire naît de la main de David Liver. Ce film parle avant tout d’une expérience inédite pour chacun des participants mais aussi d’un dépassement de soi, devant faire face à ce virus sans faille, chaque élève à su à sa manière apporter de sa personnalité et de sa vie dans un film qui a su demander proximité et contact avec autrui. 

À travers un univers spatial et obscure nous pourrons donc suivre l’histoire inédite de l’arrivée d’une météorite tombé sur terre et ainsi assumer sa temporalité dans le musée. En effet, la vie tout comme le temps s’écoule d’une autre manière au sein de ces deux univers pourtant connectés. On raconte alors l’histoire d’une météorite conservée par le musée de minéralogie. Soudain, un étrange phénomène se produit dans la salle d’exposition, un phénomène energétique qui semble être causé par l’arrivée d’une nouvelle pièce minérale. Un trou noir se forme et le musée devient le reflet de cet obscure déséquilibre énergétique. Pour expliquer ce lien entre l’ombre et le trou noir, il faut savoir que la météorite vient d’une étoile qui explose, ce qui crée donc un trou noir de part son explosion (car comme dit la science, lorsqu’une planète meurt une étoile est née mais surtout, un trou noir prends sa place). La météorite revit l’événement traumatique de son explosion, et refait sa course vers la terre, au passage, elle rencontre le soleil et par conséquent arrivée sur terre son ombre apparaît. Celle-ci engloutira le musée pendant un temps indéfinissable. Ce film, sans personnages, sans aventure et sans objectifs ou passions humaines, se doit d’exister car il présente une connexion. Dans l’espace de quelques heures sur plusieurs semaine il a su rassembler des mondes que tout oppose, celui de la dramaturgie à celui de l’objet inanimé, celui de la recherche à celui de l’imagination, clui de l’émotion à celui de l’ennui. Ce cours qui à permis la construction de ce tout, illustre parfaitement la ligne directrice de ce travail. Il ne s’agit pas uniquement d’une production venant d’une classe de cours à l’Université mais d’une création de chacun et un prolongement d’esprit, à travers les rires et les doutes. Ce scénario a sû évoluer et progresser comme chacun de nous, en même temps, permettant un résultat complet et convaincant en guise de première création de cette équipe, qui sans aucun doute ne fait que débuter main dans la main et qui frôlera un jour le tapis rouge de part leurs création aux nombreuses facettes et aux multiples techniques propres à chacun pouvant permettre une oeuvre complète et totale. Ayant des élèves de musicologie, d’art, de psychologie ou même de science et de physique ces réunions ont permis d’assembler une multitude de connaissance et d’écriture complète au sein d’un cursus qui les ont tous rassemblé harmonieusement. 

(La classe)

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Photos en confinement

L’atelier original consistait en la fabrication et l’utilisation d’une Afghan Box. Il s’agit d’une boîte en bois permettant à la fois de prendre des photos et de les développer.

La boîte a pu être fabriquée par les étudiants, avec l’aide précieuse de Nasser Khelifi dans les ateliers de la HEAR, mais la mise en pratique n’a malheureusement pas pu être faite…

A la place, il a été demandé aux étudiants de faire des photos chez eux, avec les moyens à leur disposition, avec pour thèmes la fenêtre ou l’autoportrait.

Voici des photos de l’Afghan Box réalisée par les étudiants et quelques exemples de leurs réalisations en confinement :

©Alice Guenard
©Alice Guenard
©Anta Tonnerre
©Anta Tonnerre
©Coralie Hubrecht
©Coralie Hubrecht
©Joanna Brenner
©Perrine Pateyron
©Tess Gilles
©Tess Gilles

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HOME CINEMA : Quels films à voir chez soi ?

Les étudiants de l’Atelier Culture Critique de Cinéma vous proposent une sélection de films à découvrir depuis son canapé… À découvrir ici !

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Journal culinaire par temps de pandémie

Manger n’est pas seulement une affaire de saveurs et de goûts. Manger raconte beaucoup plus qu’une simple recette. Manger raconte de notre monde, de nous (de poids !), de notre écosystème, de notre agriculture, de nos déchets, de notre rapport à l’autre… C’est avec ces sujets connexes que nous avons souhaiter vivre ce moment particulier de pandémie et vous les raconter.
Nous sommes heureux de vous présenter ici notre réflexion quand à notre rapport à la nourriture. Nous avons dans un premier temps observé l’évolution de notre rapport au repas entre l’avant et le pendant « confinement ». Puis nous avons analysé un aspect des différences, des réflexions, des sensations observées. Enfin nous proposons des solutions créatives pour un « manger mieux, demain ».

Chaque étudiant se forme dans une discipline particulière (langue/ethnologie/histoire/arts…) et a un niveau de formation différent (L1/L2/L3…). Chacun a réalisé le projet avec ses capacités. Nous espérons que ces réflexions vous amèneront à réfléchir à votre propre comportement en terme d’alimentation. Si nous amenons en fin d’exercice des pistes pour manger mieux, demain, nous posons surtout des questions qui sont selon moi un premier pas vers un changement positif quelqu’il soit.

Bonne lecture à tous et n’hésitez pas à partager vos propres avis, anecdotes, sensations!
Sonia Verguet, designer culinaire

En plus du journal des étudiants, un site très intéressant pour nourrir vos connaissances en design culinaire. Une occasion de voir une de vos recettes réalisées pendant la pandémie, c’est ici sur le site de la Faim des haricots par les éditions du Motel.

PHASE 1 / OBSERVATIONS

Les observations d’Amélie

Les observations d’Arthur

Les observations d’Alaric

Les observations d’Antonin

PHASE 2 / ANALYSE

Analyse d’Amélie

Analyse d’Arthur

Analyse d’Alaric

Analyse d’Antonin

PHASE 3 / CREATION

Solution d’Antonin

Solution d’Alaric

Solution d’Arthur

Solution d’Amélie

Critique : Lux Æterna de Gaspar Noé

Le méta-cinéma hallucinatoire de Gaspar Noé

Présenté au Festival de Cannes en 2019, le nouveau film de Gaspar Noé sort enfin en salle. L’attente en valait la peine : Lux Æterna nous embarque dans un récit infernal aux fulgurances esthétiques mémorables.

par Léonard Pons

Béatrice Dalle, dans le rôle d’une réalisatrice à l’énergie explosive, tourne son premier film et met en scène Charlotte Gainsbourg en sorcière sur un bûcher. Alors que les deux femmes font preuve d’une réelle affection l’une envers l’autre, comme en témoigne une scène d’improvisation remarquable, l’ambiance du tournage vire progressivement au cauchemar sous la pression et l’oppression de l’équipe technique (majoritairement masculine). Le ton est donné, ce moyen-métrage met en abîme le cinéma pour en proposer une critique tranchée. Comme le dit lui-même le réalisateur : Lux Æterna est un film « testostérophobe », pour notre plus grand bien.

A l’heure du féminisme viral de #metoo et #balancetonporc, Noé nous livre une vision d’un cinéma sexiste, où les comportements hypocrites et opportunistes semblent être légion. Au-delà de mettre en lumière la violence portée aux femmes dans ce milieu, le tour de force du réalisateur se situe dans l’expérience qu’il propose au spectateur : se confronter au malaise par un savant jeu de lumières stroboscopiques et une musique lancinante fidèle au style qu’on lui connaît. L’expérience est paradoxale : le film se révèle si radical qu’on souhaiterait en voir plus, mais au risque d’une possible migraine tant la violence traverse l’écran jusque dans la salle de projection.

Lux Æterna
Réalisé par Gaspar Noé
Avec Charlotte Gainsbourg, Béatrice Dalle
Durée : 51 min

Crédit photo : UFO Distribution

Critique : Yalda, la Nuit du Pardon, de Massoud Bakshi

Un scénario innovant pour un film décevant

En Iran, de nos jours, Maryam est condamnée à la peine capitale après avoir (accidentellement) tué son mari, Nasser. Sa seule option pour survivre : se faire pardonner par sa belle-fille, Mona, lors d’une émission de télé-réalité. Pour son deuxième long métrage, le cinéaste iranien Massoud Bakshi propose une critique d’une société iranienne binaire.

Par Zahra Allouche-Binet

Huis clôt presque total, Yalda, la Nuit du pardon se déroule au siège d’une chaîne de télévision iranienne diffusant la téléréalité Le plaisir du pardon, où se font face Maryam et Mona. Ce choix implique un récit au présent, qui correspond bien au moment du jugement que les téléspectateurs de l’émission, comme les spectateurs du film, sont amenés à expérimenter. Seules les images d’archives diffusées au fil de la soirée retracent une toile de fond pendant qu’un jeu d’aller-retour s’installe progressivement entre le plateau et les coulisses.

Bakshi travaille le contraste entre un plateau éclairé par des néons fluo, et des coulisses sombres et neutres qui nous plongent presque dans un clair-obscur ; un décor tape-à-l’œil, clinquant et baroque, aux trônes de velours rouges et moulures en or, sur lesquels s’installent les femmes aux chadors austères variant entre le brun et le noir profond.

Mais une contradiction apparait déjà. Comme l’explique le réalisateur, la véritable téléréalité qui a inspiré cette fiction est diffusée pendant le mois de Ramadan, soit un mois de pureté et de paix, tourné vers Dieu davantage que vers les écrans.

L’Iran est un pays chiite. Pourtant, la « nuit du pardon » relève, comme l’explique le titre du film, de la fête Zoroastre de Yalda, née en Iran . Dans cette religion, les divinités sont des puissances naturelles telles que le feu, et non en un Dieu unique, comme dans l’Islam, la religion d’état. L’Iran, par cette tradition gardée, pratique l’acculturation. Et le penchant manichéiste de Zoroastrisme fonctionne ainsi avec l’idée de dualité qui structure le film.

S’oppose alors à la joie de Yalda, le drame de la loi du Talion, un « œil pour œil, dent pour dent » autorisé par la charia. Ce soir-là, se joue la décision de la peine capitale, un soir où devrait être récité le grand poète de l’amour iranien, Hafez. La mort est rendue à l’état d’euphorie pendant que l’accusée subit le suspens, permettant de garder l’audience dans une hystérie collective, entre pleurs et cris de cette nuit allongée.

Un sujet plus grand que le film

Pour l’instant cette nuit n’a permis que des longueurs au film, qui, malgré son intérêt, reste une déception. Bakshi constitue une multitude de pistes et d’ouvertures intéressantes sur un sujet peu traité au cinéma, mais la direction d’acteurs ne fait ressortir qu’un pathos exagéré qui tue l’empathie et ressort absurde. Les codes religieux sont en interaction directe avec le produit de notre société globalisée, un contraste étonnant trop peu exploité.

Yalda, la nuit du pardon
Réalisé par Massoud Bakshi
Avec Sadaf Asgari (Maryam), Banhaz Jafari (Mona), Babouk Karimi (Ayat)
Durée : 1h30
Sortie le 7 octobre 2020

Crédit photo : Pyramide Distribution

Critique : Ratched, créé par Ryan Murphy

La sorcière des temps modernes

Nouveau coup d’éclat et d’horreur pour Ryan Murphy, réalisateur que rien ne semble arrêter signant ici sa neuvième série avec les origines d’une fameuse infirmière en chef, Mildred Ratched. Personnage détestée dans le film de Milos Forman Vol au dessus d’un nid de coucou que vaut la (plus jeune) Ratched de Ryan Murphy ?

Par Annabelle Desbrueres

Premier choc visuel pour les adorateurs du film original, la série développe sa propre esthétique, empruntant des codes situés entre le film de genre et le film noir, Mildred Ratched étant bien évidemment la femme fatale au sens figuré comme au littéral.

Ryan Murphy déploie un décor fastueux où chaque détail semble répondre à la tension permanente de l’intrigue. Les longs corridors sont à l’honneur et les bruits de couloirs n’ont jamais été aussi dangereux. La destinée humaine semble bien fragile entre ces dédales. L’éclairage devient pilier de la narration. Il n’y a aucune fausse note dans cet univers visuel qui semble flirter avec le fantastique. Ratched use partout de de la couleur verte, tout comme le Suspiria de Dario Argento usait du magenta : sa couleur complémentaire. Le vert au moyen-âge c’est la couleur de Satan.. et des sorcières, et on se souvient de l’affiche verte du maléfique Rosemary’s baby de Roman Polanski.

Car Mildred Ratched possède tout d’une sorcière. Elle est puissante, persuasive, mystérieuse, manipulatrice. Elle sait parvenir à ses fins. Impossible de ne pas voir la référence à la sorcière du Magicien d’Oz, quand Ryan Murphy la dote d’une paire de longs gants verts. Pourtant, la série Ratched ne signe pas la naissance d’un monstre mais bel et bien une réponse féministe au film de Milos Forman.

Des femmes qui sont tout.. sauf manichéennes

 Indépendante, astucieuse, Ratched s’émancipe des normes. Certains seront surpris. Loin d’être l’archétype diabolique et misogyne du film original, l’infirmière possède son lot de compassion (poussée parfois à l’extrême). Le réalisateur d’American Horror Story offre ainsi au personnage ce qu’on lui a toujours refusé : de la complexité. Sarah Paulson est parfaite dans l’interprétation de cette main de fer dans un gant de velours hantée par ses démons.  Elle offre au personnage un panel de sentiments avec une relative maîtrise de leur évolution.

 Loin de justifier les actes parfois sordides de ses personnages, la série montre leurs failles pour découvrir une part d’humanité parfois bien dissimulée. Il traite des traumatismes, notamment celui du viol sur mineurs (comme un rappel aux crimes du personnage de Milos Forman) et de leurs  conséquences qui mettent en lumière les contradictions et les combats intérieurs de chacun.

Comme un écho à l’actualité et cela même si la fiction se déroule dans les années 1950, Ryan Murphy confirme ses engagements queers et féministes. La série se révèle être une plongée réussie en eaux grises, quelque part entre monstruosité et abnégation.

Ratched
Série créée par Evan Romansky et Ryan Murphy
Avec Sarah Paulson, Finn Wittrock, Cynthia Nixon
Sur Netflix

Crédit photo : Netflix

Critique : If Anything Happens I Love You de Michael Govier et Will McCormack

Grand favori des Oscars et sensation sur TikTok, ce film gagne le cœur de tous !  

Sobre et émouvant, If Anything Happens I Love You est un court-métrage d’animation américain écrit et réalisé par Michael Govier et Will McCormack. À la suite d’une tragédie, un couple de parents en deuil traverse un vide émotionnel en pleurant la mort de leur enfant. Ils ne savent plus comment retrouver la normalité. 

Par Rayen Touzi 

Pas besoin de mots pour comprendre la douleur de ces parents : ‘’moins il y en a, mieux c’est’’, tel semble le principe adopté par ce court métrage​. Le récit est très simple : suite au décès de leur fille, deux parents essaient de vivre leur journée normalement, mais ils se retrouvent dans la chambre de leur enfant et finissent alors par se remémorer sa vie. 

« Lorsqu’un parent meurt, il est enterré dans le sol. Lorsqu’un enfant meurt, il est enterré dans le cœur de ses parents ».  Proverbe coréen  

Sans un seul mot de dialogue, les réalisateurs s’appuient fortement sur une esthétique originale : une animation minimaliste dessinée à la main pour souligner les expressions et les sentiments des personnages, et surtout leur conflit intérieur, à travers la représentation de leurs ombres. Les couleurs sont pour la plupart grisâtres, ton vide d’émotions, solitaire et déprimé, qui traduit l’état d’esprit des personnages. 

Cette approche minimaliste élimine toute distraction possible et permet au spectateur d’établir une connexion avec les deux personnages dans une courte durée. Le résultat, à la fin, est un vrai coup émotionnel percutant et déchirant.

Ce film d’animation est ainsi un témoignage extrêmement puissant et empathique, qui porte à croire que le cinéma est un endroit où l’on peut vivre ce que l’on ne vit pas.

Titre original : If Anything Happens I Love You (Quoi qu’il arrive, je vous aime)​           

Réalisateurs : Michael Govier, Will McCormack​     ​           

Durée : 12​ min  Sur Netflix​

Critique : Le Goût de la haine de Jan Komasa

Nuire pour réussir ?

Un thriller politique déroutant du cinéaste polonais Jan Komasa (La Chambre des Suicidés)  sur fond de la crise identitaire d’une nation brisée. Un film incroyablement pertinent qui laisse à la réflexion.

Par Laurine Sottani

Tomasz (Maciej Musialowski) étudie le droit à l’université grâce au soutien financier d’amis d’enfance, la famille Krasucki. Mais, quand il se fait exclure pour plagiat, il perd toute leur confiance et leur bienveillance. Le jeune homme, humilié, parvient  tout de même à trouver du travail dans une agence de marketing dont le but est de discréditer des personnalités publiques. Très vite, il se retrouve à devoir compromettre la campagne politique de Pawel Rudnicki, un candidat aux élections municipales de Varsovie soutenu par les Krasucki.

La solitude et le mépris ressenti par Tomasz vont progressivement le transformer en un perturbateur froid, machiavélique et sans limites morales. Le réalisateur nous dévoile le pouvoir de manipulation et de radicalisation des réseaux sociaux dans une ère où ils sont omniprésents. Le film se construit peu à peu pour aboutir à un final stupéfiant. 

En arrière-plan, la mise en scène impeccable dépeint le climat social polonais à l’approche des élections, divisée entre la montée d’un fascisme “anti-islamisation” et le progressisme bourgeois. Une crise de la politique polonaise qui n’est pas sans rappeler celle de notre propre pays. En bref, une fable sociale cinglante qui remet en cause l’ordre établi et le pouvoir des apparences.

Le Goût de la haine
Réalisé par Jan Komasa
Avec Maciej Musiałowski, Vanessa Aleksander
Durée : 2h16

Sur Netflix

Crédit photo : Netflix

Critique : Le Jeu de la Dame, créé par Scott Frank et Allan Scott

Un coup de maître porté par une reine

Le verdict est tombé dès sa sortie, Le Jeu de la dame est devenu la nouvelle coqueluche d’une partie d’Internet, marqué par la performance d’Anya Taylor-Joy. Entre les échecs, la guerre froide et la déchéance de la famille nucléaire, jusqu’où nous emmène Le Jeu de la dame ?

Par Pierre Baladi

Cette mini-série signée Netflix, et adaptée du roman éponyme, nous plonge au sein des années 1950, dans les Etats-Unis en pleine guerre froide, où la place de la femme est encore ramenée à des stéréotypes genrés très marqués. Mais Le jeu de la Dame nous plonge surtout dans la psyché de la jeune Beth Harmon (Anya Taylor-Joy), qui a grandi au sein d’un orphelinat, et qui va essayer de se faire une place dans un monde d’hommes -celui des échecs – et dans le monde tout court. Ce rejet de la figure patriarcale ainsi que de la structure familiale marque toute la série, a l’instar de Beth qui se débat contre ses démons.

Ouverture à l’américaine

Scott Frank et Allan Scott nous proposent ici une représentation du jeu d’échec très précise, tout en restant extrêmement facile à intégrer pour les néophytes. Une des raisons peut être pour expliquer l’engouement incroyable de la série. Anya Taylor-Joy nous offre ici une performance impérieuse qui marque les esprits par le caractère battant qu’elle insuffle à l’héroïne. Le personnage semble rejouer les championnats d’échecs de 1972, mais avec des enjeux nouveaux, qui nous feront nous investir totalement tout au long des sept épisodes.

Le Jeu de la Dame

Série de Scott Frank et Allan Scott

Avec Anya Taylor-Joy, Marielle Heller

Sur Netflix

Crédit photo : Netflix

Critique : Ava, de Tate Taylor

Couci-couça

Une femme, mystérieuse, impassible mais surtout, agent secret. Ava (Jessica Chastain), d’un passé pas très joyeux, se retrouve se retrouve piégée lors d’une mission. Traquée, elle devra faire face à ses démons d’antan dans une lutte émotionnelle qui la fera douter d’elle et de ses supérieurs. Ava n’est pas un chef d’œuvre, ni un navet, mais juste un film intensément moyen.

Par Gabriel Thimm

Avec un tueur à gage iconique comme John Malkovich en mentor, dans un rôle proche de celui qu’il tenait dans la saga RED, la tension pourrait être palpable, mais il semble que sa protégée Ava l’ai rendu tout autre. Dans les faits, le personnage d’Ava a ses qualités et ses défauts, tant dans sa construction psychologique que dans sa tentative d’imiter un archétype d’agent secret féminin. Malgré tout, fidèle à ses autres rôles, dont celui de Murphy dans Interstellar de Christopher Nolan, Jessica Chastain a su convaincre en montrant à plusieurs reprises les aspects d’une personnalité forte heurtée de sensibilité. Mais cette attention trop centrée sur ses états d’âmes font des scènes de combats, pourtant récurrentes, des séquences peu intéressantes. Plus l’histoire avance et plus les réelles motivations de Tate Taylor nous échappent. Bien sûr, l’idée d’en faire une Nikita low cost – car rien de nouveau n’est présenté dans ce type d’univers si souvent exploré du cinéma – n’est tout de même pas à jeter. Dépourvue d’originalité et prévisible, certaines scènes sont lourdes, monotones et répétitives. Ava est surfait, choisi la facilité plutôt que l’originalité et suit un schéma typique des films d’action hollywoodien faisant perdre tout charme à la femme fatale.

Ava
Réalisé par Tate Taylor
Avec Jessica Chastain, Colin Farrell, John Malkovich
Sur Netflix

Crédit photo : Netflix

Critique : Le Jeu de la Dame, créé par Scott Frank et Allan Scott

Echec et mat

Par Virgilia de Windt

En 1950 aux Etats-Unis, Elisabeth Harmon, jeune orpheline à l’intelligence exceptionnelle, excelle au jeu d’échecs. De tournois en tournois, elle grimpe les échelons jusqu’à l’affrontement final qui l’oppose à Borgov, le champion russe…

Cette série Netflix réalisée par Scott Frank et Allan Scott expose en sept épisodes au suspens séduisant la vie de la jeune Beth Harmon, dont l’existence se noue en un grand tournoi d’échecs. Sa condition d’orpheline trouve un écho dans la famille que forment ses connaissances, dont la diversité célèbre la variété des pions. S’ils paraissent stéréotypés aux premiers abords, chaque personnage cache un jeu qui révèle une profondeur de caractère et ne cesse de surprendre. Cependant, l’émancipation, l’indépendance et le pouvoir qui les gagnent en crescendo sont le penchant lumineux de la pièce maitresse du jeu, la Dame, dont le versant plus obscur attend Beth au revers. Echec.

Les épisodes dévoilent, par l’efficacité d’un montage dynamique, une critique plus acerbe de la condition féminine dont le satin des teintures ne suffit à résorber le néant existentiel, cloitrée derrière les barreaux domestiques. La dépendance affective mue en dépendance physique, et l’ambition de Beth s’abolit dans l’alcool et la drogue. Dans Le jeu de la Dame, les questions de l’enfant sont mises en « échecs », mais en retour, la dame mène la dance et s’impose dans un monde d’homme. Mat.

A l’image du « speed chess », cette variante très rapide du jeu, les parties s’enchainent, battues à la mesure de l’heure qui tourne, prenant le sens d’un mystère existentiel perforé par la présence et le regard d’Anya Taylor-Joy. Face à Beth, on perd, mais on en redemande.

Le Jeu de la Dame

Série de Scott Frank et Allan Scott

Avec Anya Taylor-Joy, Marielle Heller

Sur Netflix

Crédit photo : Netflix


Critique : Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret

La douceur de l’inconstance

Songez à l’exultation et au déchirement qu’inspire le Clair de Lune de Debussy et voilà un aperçu de ce qui anime Daphné, merveilleusement interprétée par Camélia Jordana, enceinte de plusieurs mois, et chargée d’accueillir dans sa maison de campagne Maxime – Niels Schneider, impeccable – le cousin de son mari alors en déplacement.

Par Morgane Geoffroy

Le dernier film d’Emmanuel Mouret (L’Art d’aimer ; Mademoiselle de Joncquières) est un dialogue fait de va-et-vient entre les personnages, leurs histoires et les époques d’une vie, traversé par des couleurs chatoyantes et une douce quiétude, un tournoiement enchanteur sous la clarté d’un Schubert, Chopin ou Vivaldi. Un foisonnement de sensations et d’émotions pures vient ainsi envahir les protagonistes, tantôt soumis à leurs désirs, tantôt dissuadés de les assouvir : chacun au plus profond de son être est tiraillé. Entre trahison, mensonge et vengeance, un seul mot d’ordre : l’amour ; celui qui anime véritablement ces personnages si profondément humains.

Mettant à jour la faiblesse des hommes, leur abandon à des passions interdites mais aussi leur bonté et leur bienveillance, Emmanuel Mouret offre une ballade dans laquelle le refrain n’est autre qu’un désir débordant : celui, sensuel, d’aimer et de vivre. Plus qu’un simple entrelacement d’histoires, c’est ici une véritable ode à l’humanité dans toute son ardeur qui est harmonieusement mise en scène par des héros touchants et candides. Ces amours si pures embaument le cœur et pardonnent à l’homme son inconstance, parce qu’après tout, c’est ce qui fait sa beauté.

Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait

Réalisé par Emmanuel Mouret

Avec Camélia Jordana, Niels Schneider, Emilie Dequenne

Date de sortie : 16 septembre 2020

Durée : 2h02

Crédit photo : Pyramide Distribution

Quelques films préférés des étudiants de l’atelier Culture Critique…

Zahra Allouche

  1. AKKAD Moustapha, 1976, Le messager
  2. TOUZANI Maryam, 2019, Adam
  3. AL MANSOUR Haifaa, 2013, Wadjda
  4. MEDDOUR Mounia, 2019, Papicha
  5. FOLMAN Ari, 2008, Waltz with bashir
  6. GOBBÉ-MEVELLEC Éléa & BREITMAN Zabou, 2019, Les hirondelles de Kaboul
  7. RAYHANA, 2017, À mon âge je me cache encore pour fumer
  8. TAÏA Abdellah, 2013, L’armée du salut
  9. AYOUCH Nabil, 2015, Much loved
  10. BOUJEMMA Hinde, 2019, Nourra Rêve

Pierre Baladi

  1. Mr nobody de Jaco van Dormael (2009)
  2. Birdman de Alejandro González Iñárritu (2014)
  3. Whiplash de Damien Chazelle (2014)
  4. La La land Damien Chazelle (2016)
  5. Her de Spike Jonze (2014)
  6. L’échelle de Jacob de Adrian Lyne (1990)
  7. Blade runner 2049 de Denis Villeneuve (2017)
  8. Burn after reading de Joel Coen et Ethan Coen (2008)
  9. Le prestige de Christopher Nolan (2006)
  10. Little miss sunshine de Jonathan Dayton (2006)
  11. Yellow submarine de George Dunning (1969)
  12. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (2001)
  13. Monty Python : Le Sens de la vie de Terry Jones (1983)
  14. Monty Python : Sacré Graal de Terry Jones (1975)
  15. La cité de la peur de Alain Berbérian (1994)
  16. Hot fuzz de Edgar Wright (2007)
  17. La classe américaine de Michel Hazanavicius (1993)
  18. Eternal sunshine of the spotless mind Michel Gondry (2004)
  19. Docteur Folamour de Stanley Kubrick (1964)
  20. Gremlins 2 de Joe Dante (1984)
  21. Hellzapoppin de H. C. Potter (1941)
  22. Old boy de Park Chan-Wook (2004)
  23. Parasite de Bong Joon Ho (2019)
  24. Bowling for columbine de Michael Moore (2002)
  25. Opération Lune de William Karel (2003)
  26. Reservoir Dogs de Quentin Tarantino (1992)
  27. Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino (2019)
  28. Spiderman into the spider verse de Peter Ramsey, Rodney Rothman (2018)
  29. Requiem for a dream de Darren Aronofsky (2000)
  30. Forrest Gump de Robert Zemeckis (1994)
  31. Les affranchis de Martin Scorsese (1990)
  32. Imitation Game de Morten Tyldum (2015)
  33. The mask de Chuck Russell (1994)
  34. Annie Hall de Woody Allen (1977)
  35. Big fish de Tim Burton (2003)
  36. American History X de Tony Kaye (1998)
  37. A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg (2001)
  38. Matrix de Lilly Wachowski et Lana Wachowski (1999)
  39. Interstellar de Christopher Nolan (2014)
  40. Bienvenue a Gattaca de Andrew nicol (1997)
  41. Juste la fin du monde de Xavier Dolan (2016)
  42. L’armé des 12 singes de Terry Gilliam (1995)
  43. Cloud Atlas de Lilly Wachowski et Lana Wachowski (2012)
  44. You Were Never Really Here de Lynne Ramsay (2017)
  45. Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)
  46. The man from earth de Richard Schenkman (2007)
  47. Sin City de Robert Rodriguez Frank Miller et Quentin Tarantino (2005)
  48. The Host de Bong Joon-ho (2006)
  49. L’odyssée de Pi de L’Odyssée de Pi (2012)
  50. La bande a picsou et le trésor de la lampe perdu de Bob Hathcock (1990)

Annabelle Desbruères

  1. Nostalgie de la lumière (2010) Patricio Guzman
  2. Le bouton de nacre (2015) Patricio Guzman
  3. Eternal sunshine of the spotless mind (2004) Michel Gondry
  4. Inception (2010) Christopher Nolan
  5. Princesse Mononoké (1997) Hayao Miyazaki
  6. Interstellar (2014) Christopher Nolan
  7. Under the skin (2013) Jonathan Glazer

Mention spéciale :

  • Ghost in the shell (1995) Mamoru Oshii
  • 12 hommes en colère (1957) Sydney Lumet
  • The square (2017) Ruben Ostlund
  • Le château de l’araignée (1957) Akira Kurosawa
  • The assassin (2015) Hou Hsiao-Hsien
  • La famille Tenenbaum (2001) Wes Anderson
  • Chinatown (1974) Roman Polanski
  • Le prestige (2006) Christopher Nolan
  • Sparrow (2008) Johnnie To
  • Call by your name (2017) Luca Guadagnino
  • Les demoiselles de Rochefort (1967) Jacques Demy

Morgane Geoffroy

  • Jurassic Park (Steven Spielberg)
  • Whiplash (Damien Chazelle)
  • Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait (Emmanuel Mouret)
  • Joker (Todd Phillips)
  • Marriage Story (Noah Baumbach)
  • Le chant du loup (Antonin Baudry)
  • Léon (Luc Besson)
  • Her (Spike Jonze)
  • Into the Wild (Sean Penn)
  • Dernier train pour Busan (Sang-Ho Yeon)

Léonard Pons

  1. Enter the Void – Gaspar Noé 
  2. Slumdog Millionaire – Danny Boyle 
  3. Koyaanisqatsi – Godfrey Reggio 
  4. Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles – Chantal Akerman
  5. Juste la fin du monde – Xavier Dolan 
  6. Requiem for a dream – Darren Aronofsky
  7. 2001 : a Space Odyssey – Stanley Kubrick 
  8. We Need To Talk about Kevin – Lynn Ramsay 
  9. Boyhood – Richard Linklater 
  10. Mountains May Depart – Jia Zhang Ke 

Laurine Sottani

  1. The Truman Show, Peter Weir, 1998
  2. Mulholland Drive, David Lynch, 2001
  3. Lost in Translation, Sofia Coppola, 2003
  4. The Virgin Suicides, Sofia Coppola, 1999
  5. Enemy, Denis Villeneuve, 2014
  6. Premier Contact, Denis Villeneuve, 2016
  7. Incendies, Denis Villeneuve, 2010
  8. 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Cristian Mungiu, 2007
  9. Une Séparation, Asghar Farhadi, 2011
  10. Capharnaüm, Nadine Labaki, 2018
  11. The Handmaiden, Park Chan-Wook, 2016
  12. Midsommar, Ari Aster, 2019
  13. Hérédité, Ari Aster, 2018
  14. Under the Silver Lake, David Robert Mitchell, 2018
  15. A Cure for Wellness, Gore Verbinski, 2016
  16. Manchester by the Sea, Kenneth Lonergan, 2016
  17. Éléphant, Gus Van Sant, 2003
  18. The Florida Project, Sean Baker, 2018
  19. Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Michel Gondry, 2004
  20. Mother!, Darren Aronofsky, 2017
  21. Victoria, Sebastian Schipper, 2015
  22. In the Mood for Love, Wong Kar-Wai, 2000
  23. Her, Spike Jonze, 2013
  24. Burning, Lee Chang-Dong, 2018
  25. Mise à mort du cerf sacré, Yorgos Lanthimos, 2017
  26. The Lobster, Yorgos Lanthimos, 2015
  27. The Social Network, David Fincher, 2010
  28. The Neon Demon, Nicolas Winding Refn, 2016
  29. The Witch, Robert Eggers, 2015
  30. The Invitation, Karyn Kusama, 2015
  31. Nocturnal Animals, Tom Ford, 2016
  32. The Shining, Stanley Kubrick, 1980
  33. Persona, Ingmar Bergman, 1966
  34. Fahrenheit 451, François Truffaut, 1966
  35. Cléo de 5 à 7, Agnès Varda, 1962
  36. Vertigo, Alfred Hitchcock, 1958
  37. Forrest Gump, Robert Zemeckis, 1994
  38. Match Point, Woody Allen, 2005
  39. La Leçon de Piano, Jane Campion, 1993
  40. We need to talk about Kevin, Lynne Ramsay, 2011

Gabriel Thimm

Interstellar (Christopher Nolan, 2014), Lucy (Luc Besson, 2014), Wasabi (Gérard Krawczyk, 2001), Le 5ème élément (Luc Besson 1997), Kill Bill 1 (Quentin Tarantino, 2003), Le Château dans le ciel (Hayao Miyazaki, 2003), Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012), Le Seigneur des anneaux la trilogie (Peter Jackson, 2001/2002/2003), Scooby-Doo 1 (Raja Gosnell, 2002), Babylone A.D (Mathieu Kassovitz, 2008), Le Pôle express (Robert Zemeckis, 2004)Okja (Bong Joon-Ho, 2017), World War Z (Marc Forster, 2013),  Nausicaä de la Vallée du vent (Hayao Miyazaki, 1984), Schrek1 (Andrew Adamson, Vicky Jenson, 2001) et Shrek 2(Conrad Vernon, Kelly Asbury, Andrew Adamson, 2004), The Breakfast Club (John Hughes, 1985), Bob l’éponge 1 (Stephen Hillenburg, Mark Osborne, 2005), La Plateforme (Galder Gaztelu-Urrutia, 2020), La Communion (Jan Komasa, 2019), La Princesse Mononoke ( Hayao Miyazaki, 2000), Harry Potter et l’Ordre du Phénix / le Prince de sang-mêlé (David Yates, 2007/2009) , The Hunger Games : La Révolte partie 2 (Francis Lawrence, 2015), Pirate des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde (Gore Verbinski, 2007),  Time Out (Andrew Niccol, 2011),  Bird Box (Susanne Bier, 2018),  The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012), 7 sisters (Tommy Wirkola, 2017),  Birdman (Alejandro González Iñárritu, 2015),  Irréversible (Gaspar Noé, 2002)

Rayen Touzi

  1. Paris, Texas Wim Wenders 1984
  2. 12 Angry Men Sidney Lumet 1957
  3. The Graduate Mike Nichols 1967
  4. Brief Encounter David Lean 1945
  5. Your Name Makoto Shinkai 2016
  6. Casablanca Michael Curtiz 1942
  7. The Apartment Billy Wilder 1960
  8. City of God Fernando Meirelles, Kátia Lund 2002
  9. Cinema Paradiso Giuseppe Tornatore 1988
  10. In the Mood for Love Wong Kar-Wai 2000
  11. La Dolce Vita Federico Fellini 1960
  12. West Side Story Robert Wise, Jerome Robbins 1961
  13. Lion King Rob Minkoff, Roger Allers 1994
  14. Princess Mononoke Hayao Miyazaki 1997
  15. Mad Max Fury Road George Miller 2015
  16. Portrait de la jeune fille en feu Céline Sciamma 2019
  17. Memories of Murder Bong Joon-ho 2003
  18. The Wind Rises Hayao Miyazaki 2013
  19. Amadeus Miloš Forman 1984
  20. The Great Escape John Sturges 1963
  21. Midnight Cowboy John Schlesinger 1969
  22. Life is Beautiful Roberto Benigni 1997
  23. One Flew Over the Cuckoo’s Nest Miloš Forman 1975
  24. Thelma & Louise Ridley Scott 1991
  25. Inside Llewyn Davis Ethan Coen, Joel Coen 2013
  26. Avatar: The Last Airbander Michael Dante DiMartino, Bryan Konietzko 2005-2008
  27. Roman Holidays William Wyler 1953
  28. They Shoot Horses, Don’t They ? Sydney Pollack 1969
  29. La La Land Damien Chazelle 2016
  30. Mad Men Matthew Weiner 2007-2015
  31. Howl’s Moving Castle Hayao Miyazaki 2004
  32. Almost Famous Cameron Crowe 2000
  33. How to Train Your Dragon Chris Sanders, Dean DeBlois 2010
  34. Breakfast at Tiffany’s Blake Edwards 1961
  35. There Will Be Blood Paul Thomas Anderson 2007
  36. Network Sidney Lumet 1976
  37. Boogie Nights Paul Thomas Anderson 1997
  38. Léon : The Professional Luc Besson 1994
  39. Moonrise Kingdom Wes Anderson 2012
  40. Lawrence of Arabia David Lean 1962
  41. Fargo Ethan Coen, Joel Coen 1996
  42. Sing Street John Carney 2016
  43. Life of Brian Terry Jones 1979
  44. Reservoir Dogs Quentin Tarantino 1992
  45. True Detective (saison 1) Cary Joji Fukunaga 2014
  46. The Pianist Roman Polanski 2002
  47. Oldboy Park Chan-wook 2003
  48. Cool Hand Luke Stuart Rosenberg 1967
  49. Perfect Blue Satoshi Kon 1997
  50. Night on Earth Jim Jarmusch 1991

Virgilia de Windt

1. Princesse Mononoke, Miyazaki
2. Mommy, Dolan
3. Le château ambulant, Miyazaki
4. Pirate des Caraïbes III, Gore Verbinski
5. Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, Alain Chabat
6. Parasite, Bong Joon-ho
7. Alors, heureux.ses ? Marine Guizy
8. Interstellar, Nolan
9. Chihiro, Miyazaki
10. Le château dans le ciel, Miyazaki
11. Azur et Asmar, Michel Ocelot
12. Tigre et dragon, Ang Lee
13. Totoro, Miyazaki
14. Royal Affair, Nikolaj Arcel
15. Drunk, Thomas Vinterberg
16. Zootopie, Howard et Moore
17. Avatar, Cameron
18. Wall E, Andrew Stanton
19. Vice versa, Pete Docter
20. Pulp fiction, Tarantino
21. Rabbi Jacob, Gérard Oury
22. La véritable histoire du petit chaperon rouge, Cory Edwards
23. Fantastic Mister Fox, Wes Anderson
24. Django Unchained, Tarantino
25. Jusqu’à la garde, Xavier Legrand
26. Joker, Todd Phillips
27. Le Seigneur des anneaux, Peter Jackson
28. Les misérables, Ladj Ly
29. Mademoiselle, Park Chan-Wook
30. Games of throne
31. Tel père tel fils, Hirokazu Kore-eda
32. The handmaid’s tale
33. Une affaire de famille, Hirokazu Kore-eda
34. Whiplash, Damien Chazelle
35. Bohemian Rhapsody, Bryan Singer
36. Star Wars 3, Georges Lucas
37. Grease, Randal Kleiser
38. La femme de mon frère, Monia Chokri
39. Koyaanisqatsi, Godfrey Reggio
40. Les délices de Tokyo, Naomi Kawase
41. Les Indestructibles 2, Brad Bird
42. Le géant de fer, Brad Bird
43. Le compte de la princesse kaguya, Isao Takahata
44. Les aristochats, Wolfgang Reitherman
45. Call me by your name, Luca Guadagnino
46. La femme de mon frère, Monia Chokri
47. Les éternels, Jia Zhangke
48. Ghost in the shell, Rupert Sanders
49. Anna karenine, Joe Wright
50. Divines, Houda Benyamina

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